# Accises sur les carburants, TVA, saut d'index... MR et N-VA s'opposent sur le pouvoir d'achat **By:** Frédéric Chardon **Published:** 2026-09-21T16:18:27.287Z **Source:** [La Libre.be](https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2026/09/21/la-flambee-des-prix-de-lenergie-creuse-le-fosse-entre-le-mr-et-la-n-va-VEABI36QZBH7XPF3UR2272HEEE) --- La flambée des prix de l'énergie creuse le fossé entre le MR et la N-VA Les deux partis de droite ne sont pas sur la même ligne lorsqu'il s'agit de baisser les taxes sur la consommation. La N-VA met le retour à l'équilibre budgétaire au-dessus du reste tandis que le MR privilégie une fiscalité basse. Georges-Louis Bouchez, le président du MR, observe le Premier ministre Bart De Wever (N-VA), lors d'une séance plénière de la Chambre ©DLE La symbiose entre la N-VA et le MR sur les dossiers socio-économiques constitue l'un des leitmotivs de la majorité Arizona. Georges-Louis Bouchez aime rappeler que les programmes des deux formations sont "identiques à 95 %". Mais, comme à l'époque de la coalition "suédoise" (2014-2018), lorsque les deux partis étaient déjà associés avant que la N-VA ne provoque la chute du gouvernement, l'exercice du pouvoir fait apparaître des divergences profondes. Dans le gouvernement De Wever, ces tensions se cristallisent notamment autour du pouvoir d'achat et de la fiscalité. Alors que le prix du diesel à la pompe franchira, ce mardi, le seuil record de 2,5 euros par litre, et que l'essence devrait elle aussi atteindre un nouveau plafond, la question du coût de l'énergie s'impose aux ministres fédéraux. Ces derniers ont entamé ce lundi des négociations ardues pour trouver 10 milliards d'euros et redresser les finances publiques. Le dossier ne manquera pas de s'inviter à la table des poids lourds de l'Arizona. Le MR — et c'est une constante depuis plus d'un an — a choisi d'occuper le terrain de la "droite populaire", en se présentant comme le défenseur du pouvoir d'achat. L'an dernier, son président avait déjà rejeté la hausse générale de la TVA et le saut d'index proposés par Bart De Wever. Faute d'accord au sein de la majorité, le budget 2026 n'avait pas pu être bouclé dans les délais. Le virage de "droite populaire" du MR éclaire l'intransigeance fiscale de Georges-Louis Bouchez au fédéralUn air de déjà-vu budgétaire Le nouveau bras de fer budgétaire risque donc de prendre des airs de déjà-vu. Le MR, par la voix du vice-Premier ministre David Clarinval comme par celle de "GLB", a déjà prévenu qu'il s'opposerait à toute nouvelle "attaque sur la TVA". Une ligne qui se heurte directement aux intérêts de la N-VA, à laquelle revient, en tant que formation du Premier ministre, la responsabilité de dégager un compromis. La flambée des prix de l'énergie, particulièrement aiguë, pourrait encore creuser le fossé entre les deux formations de droite. À plusieurs reprises, le MR a annoncé son intention de soumettre aux négociateurs un projet de "cliquet inversé" sur les carburants. Le principe est simple : au-delà d'un certain niveau de prix à la pompe, les accises diminueraient afin d'amortir le choc pour les consommateurs. Pour les libéraux francophones, il est en effet inacceptable que l'État voie ses recettes progresser mécaniquement sous l'effet de la hausse des prix à la pompe. Un "cliquet" à 200 millions… par mois Face à cette offensive libérale, la N-VA se montre nettement plus prudente. La semaine dernière, en commission parlementaire, le ministre des Finances et des Pensions, Jan Jambon, a adressé un avertissement soigneusement pesé à ses partenaires du gouvernement fédéral : "Le coût budgétaire d'un système de cliquet inversé est considérable si l'on souhaite avoir un impact réel sur le prix à la pompe." Sur la base de premières estimations, le ministre a expliqué aux députés que ramener le prix à deux euros par litre grâce à l'instauration du "cliquet inversé" coûterait quelque 200 millions d'euros par mois à l'État. Dans le contexte budgétaire actuel, la facture apparaît difficilement soutenable… Le MR, toutefois, ne semble pas impressionné par ces calculs et maintient son objectif. "Le coût du cliquet est proportionné à la hauteur du cliquet", raisonne une source libérale, qui laisse entendre qu'un compromis moins onéreux pourrait être trouvé si le seuil de déclenchement du mécanisme était fixé à un niveau plus bas. Au-delà de cette bataille technique, c'est une divergence plus fondamentale qui se dessine. Au sommet de la N-VA, la réticence du MR à dégager de nouvelles recettes fiscales est perçue comme un manque de réalisme face à l'ampleur du déficit et de la dette publique. Dimanche, lors d'un congrès de parti à La Panne, Valerie Van Peel, la présidente de la N-VA, s'est montrée critique à l'égard de ce qu'elle considère comme une légèreté francophone. "Les caisses sont vides", a-t-elle rappelé, invitant le MR — sans le nommer — à mettre fin à sa "campagne permanente". Nous n’avons pas besoin de leçons pour expliquer que les caisses sont vides. Nous le répétons sans cesse. Par contre, il est utile que le parti libéral explique aussi aux responsables politiques flamands qu’il faut arrêter de lever toujours plus d’impôts et de faire mal à la… pic.twitter.com/Hrre2L9uD9 — Georges-L BOUCHEZ (@GLBouchez) September 20, 2026 L'orthodoxie flamande Au "16", Bart De Wever entend reproduire la méthode qu'il avait appliquée à Anvers lorsqu'il en était bourgmestre : assainir les finances publiques à tout prix afin de recréer, à terme, des marges permettant de financer de nouvelles politiques. Cette approche flamande, austère et revendiquée comme réaliste, diffère de celle de Georges-Louis Bouchez, qui fait de la réduction des dépenses et de la baisse des impôts ses priorités. Le président du MR et son représentant au kern, David Clarinval, pourraient cependant se retrouver isolés au sein de l'Arizona. "À la N-VA, mais aussi au CD & V, chez Vooruit et chez Les Engagés, les gens ne comprennent pas ce combat de Georges-Louis, surtout en ce qui concerne la TVA et le cliquet, décode un fin observateur flamand. Les autres partis ne feront aucun cadeau au MR, il devra payer le prix fort en échange, par exemple en acceptant de réduire les avantages pour les voitures de société par exemple." Des commerçants bruxellois mettent en garde face au drame qui se profile : "C'est catastrophique. C'est pire que le Covid" Un "empire" business, bâti sur du luxe, de la violence et beaucoup de mensonges, qui s'effondre "J'ai été violé pendant deux ans par un prêtre. Après, j'étais foutu" Nicolas Ullens, un écorché épris de justice